Marie-Noëlle Battistel Les parlementaires isérois et drômois ont pourtant tiré la sonnette d'alarme sur les conséquences de ces fermetures pour notre souveraineté industrielle, mais aussi militaire.
La fermeture d'Arkema et de Vencorex ferait chuter de 14 % la production de chlore. Ce secteur, pourtant stratégique, financé à hauteur de 80 millions d'euros par l'État, se retrouverait définitivement dépendant des importations.
Vencorex est un sous-traitant clé de la dissuasion nucléaire française. Son produit phare, un sel de haute qualité, est le seul que la direction générale de l'armement a validé pour la fabrication des carburants des missiles nucléaires et des boosters de la fusée Ariane 6.
L'hydrogène produit par Arkema, quant à lui, est essentiel à la fabrication des drones militaires.
Si ces entreprises venaient à s'effondrer, nous nous retrouverions très rapidement au bord d'une rupture critique de nos capacités d'approvisionnement, qui fragiliserait notre défense et notre autonomie.
Lundi, à cette tribune, vous avez affirmé, à juste titre, qu'il était nécessaire d'ouvrir le parapluie nucléaire français pour protéger l'Europe – parapluie dont vous vous apprêtez pourtant à scier le manche, en laissant mourir ces entreprises stratégiques.
Face à cette catastrophe annoncée, et alors même que nous devons, plus que jamais, protéger notre souveraineté industrielle, énergétique et militaire, continuez-vous à écarter la nationalisation temporaire de Vencorex, et maintenez-vous qu'aucune autre solution n'est envisageable ?