Édouard Bénard Aux États-Unis, l'accession à la présidence de Donald Trump et la nomination d'Elon Musk à la tête du département de l'efficacité gouvernementale menacent très sérieusement l'avenir de la recherche scientifique et des libertés académiques.
Ce nouveau maccarthysme prend la forme d'un autodafé numérique : les informations scientifiques sur les inégalités sociales, la santé, la biodiversité ou les études de genre sont censurées. Des pages web ont été supprimées, des scientifiques de renom licenciés, des collaborations internationales interdites et des agences scientifiques remises en question. La nouvelle administration américaine s'attaque aux libertés académiques et scientifiques en menant une offensive obscurantiste sans précédent.
L'internationale réactionnaire qui surgit méprise la raison car le but de la science est la recherche de la vérité. Dire la vérité est toujours révolutionnaire !
Les événements américains sont une ultime alerte, qui doit nous pousser à considérer l'état de nos investissements dans la recherche. La communauté scientifique se mobilise pour défendre le rôle des sciences, moteur d'émancipation et de progrès social, et pour renforcer la culture scientifique au sein de la société. Le 7 mars, des actions seront menées sur tout le territoire, dans toutes les villes universitaires.
Le préambule de la Constitution de 1946 dispose ceci : « Tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République. » La communauté scientifique nous regarde. En ces temps où l'indifférence et le repli sur soi se généralisent, nous devons être au rendez-vous de l'histoire et faire preuve de solidarité internationale. Madame la ministre de l'éducation nationale, ma question est simple : la France restera-t-elle fidèle à l'héritage des Lumières en offrant l'asile aux membres de la communauté scientifique vilipendés outre-Atlantique ?