David Guiraud …vous vous êtes visiblement trompé de ministère, puisque vous ne parlez que de l'extérieur et surtout de l'Algérie, alors que le taux d'exécution des OQTF est pourtant le même pour les Algériens que pour les Marocains, les Tunisiens ou les Maliens. Cela témoigne de ce que vous vous agitez non pour les Français, mais pour vos propres intérêts.
Avec votre « riposte graduée » et vos menaces de démission, vous jouez tous les jours une nouvelle partition qui ne vous mène qu'à des défaites. Pour exister, vous copiez les méthodes des fascistes d'outre-Atlantique - mais vous n'êtes pas Trump, vous êtes juste un joueur de trompette.
Oui, il faut parler de Sansal – nous avons tous appelé à sa libération –, mais l'escalade des tensions lui nuit gravement. La vérité, c'est que vous êtes en train de le sacrifier pour gagner votre congrès.
Vous dites agir pour la France mais comment prétendre qu'on la défend quand on piétine ses lois, quand on piétine des droits, quand on piétine la foi de millions de Français musulmans ?
Pourquoi vous et le gouvernement vous acharnez-vous à couper le fil de l'histoire délicate tissée entre nos deux peuples qui ont tant d'enfants en partage ? Ces enfants-là n'ont pas à tourner la page de la colonisation, ils ont besoin de vérité, parce que les crises s'enchaînent à cause des non-dits et de toute cette histoire qu'on a voulu laisser enfouie.
Vous qui dénoncez la cancel culture, pourquoi ne pas vous insurger quand un documentaire sur l'usage des armes chimiques en Algérie est déprogrammé à la télé ?
Monsieur le premier ministre, votre gouvernement n'est pas à la hauteur de notre histoire commune, pas à la hauteur de ces Algériens qui ont fait couler leur sang à Monte Cassino ou lors du débarquement en Provence , pas à la hauteur de nos anciens qui ont mêlé leur sueur dans les mines et les usines de toute la France. Il n'est nullement ici question de repentance, il s'agit juste d'apporter du respect et de la reconnaissance.
Ce n'est pas l'Algérie qui nous agresse, monsieur le premier ministre, c'est vous qui agressez la France lorsque les vôtres osent parler des « belles heures de la colonisation ». En disant cela, vous insultez Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, Jacques Vergès, Fernand Iveton et tous ces Français qui ont su, contrairement à vous, s'opposer à l'inhumanité et qui ont milité dans l'ombre et la lumière pour rapprocher ces deux peuples que vous essayez aujourd'hui de séparer.