Paul Christophe Les salariés de la sidérurgie, les dockers et tous les habitants du dunkerquois sont inquiets de l'avenir d'un fleuron de notre économie, ArcelorMittal, et de son usine de sidérurgie. Plus de 10 000 emplois directs et indirects sont aujourd'hui menacés. Quel est l'avenir de cette activité alors que le groupe vient d'annoncer la suspension de son projet de décarbonation et une délocalisation partielle des fonctions support ?
Ce projet titanesque de décarbonation est une chance immense que notre territoire ne doit pas laisser passer. Il représente un investissement de 1,8 milliard d'euros, dont 850 millions de soutien de l'État, et vise à construire la filière de l'acier vert de demain.
Cependant, la sidérurgie européenne est en crise. Le niveau de la demande et des prix remet en cause cet investissement. Nous ne voulons pas que nos usines ferment faute de réaction politique rapide. Nous devons protéger l'acier français et européen. Je salue au passage la mobilisation de Patrice Vergriete, président de la communauté urbaine de Dunkerque, sur ce dossier.
Pour décarboner notre acier, il nous faut un prix de l'hydrogène adapté et une tarification de l'électricité soutenable. Nous devons apporter une réponse à la concurrence internationale qui vient directement menacer notre souveraineté industrielle.
Sans décarbonation, il n'y a pas d'avenir pour la production d'acier en France. Aussi, quelle stratégie entendez-vous défendre en matière de tarification de l'hydrogène et de l'électricité ? Comment la France compte-t-elle s'investir dans le plan d'urgence européen pour la sidérurgie, annoncé depuis plusieurs semaines, attendu par la filière et nécessaire au soutien des efforts de décarbonation ?