Emmanuel Duplessy Samedi, le rabbin d'Orléans a été agressé en pleine rue sous les yeux de son enfant du seul fait qu'il était juif. Je lui réitère, ainsi qu'à sa famille, tout mon soutien.
Cet acte odieux intervient alors que les actes antisémites, ainsi que les violences à caractère raciste ou antireligieux, explosent. Quelques semaines plus tôt, à proximité d'Orléans, c'est une mosquée qui était incendiée.
Aucun citoyen ne devrait avoir peur de vivre sa foi ni craindre des représailles à cause de son apparence ou de son appartenance, réelle ou supposée, à une communauté. La lutte contre l'antisémitisme est un sujet trop sérieux pour faire l'objet d'une instrumentalisation politique. La désignation d'un bouc émissaire et les discours haineux ne régleront rien.
À Orléans, ville de Jean Zay, lâchement assassiné par les miliciens du régime de Vichy, nous le savons et le portons dans notre histoire et notre chair. J'en veux pour preuve – et j'y vois un signe d'espoir – le fait que, samedi, des citoyens de toutes confessions ont porté assistance à M. le rabbin.
La lutte contre la haine et la violence et contre l'essentialisation doit être menée par toutes et tous dans l'unité nationale et la fraternité. Il est scandaleux de profiter d'un drame pour servir un discours de division qui oppose nos concitoyens juifs et musulmans, comme l'a fait le ministre des outre-mer.
Alors, monsieur le premier ministre, au-delà de la communication politique, qu'allez-vous concrètement entreprendre pour mettre au cœur de l'action gouvernementale la lutte contre l'antisémitisme et ses spécificités, la lutte contre tous les racismes, la défense de la liberté de culte et l'éducation à la tolérance et au vivre ensemble ?