Stéphanie Rist Ma question s'adresse au ministre de l'intérieur.
Il a demandé : « Est-ce que vous êtes juif ? » Puis il a craché. Samedi, en plein après-midi, rue d'Illiers, le rabbin Arié Engelberg rentre de la synagogue. Devant son fils de 9 ans, il est insulté, frappé et mordu parce que juif.
À Orléans, ville de Jeanne d'Arc, symbole de résistance face à l'injustice, ville calme et de concorde, un citoyen a ainsi été pris pour cible parce que juif.
À Orléans, cependant, face à la haine, c'est la fraternité qui a gagné. Je veux saluer les témoins qui, sans hésiter, lui sont directement venus en aide.
Ce n'est pas un fait isolé : 1 570 actes antisémites ont été recensés l'an dernier, soit 4 par jour. Le rabbin d'Orléans ne se demandait pas s'il allait être agressé mais quand cela lui arriverait. Nos concitoyens de confession juive vivent avec la peur et dans l'insécurité.
L'âge de l'agresseur doit également nous interpeller. Mineur, il sera jugé en avril par un tribunal pour enfants. Notre proposition de loi sur la justice des mineurs n'a jamais été autant d'actualité.
Si seulement il n'y avait que ce fait ! Le rabbin d'Orléans a été agressé alors que certains, à l'extrême gauche, cultivent l'ambiguïté en prétextant le malentendu et en manipulant – la semaine dernière encore – des symboles antisémites, et que, il n'y a pas si longtemps, des candidats investis aux élections législatives par le Rassemblement national tenaient des propos antisémites. Quand leur responsabilité – à eux aussi – sera-t-elle mise en cause ?
La haine antisémite devient banale sur les réseaux sociaux et dans les manifestations prétendument antiracistes. Ceux qui attisent la haine ne font que préparer le terrain avant un passage des mots aux actes. Les Français ne veulent plus de notre part de marches, de condoléances, de fleurs ou de discours mais des actes. Quelles mesures seront prises pour assurer la sécurité physique de nos concitoyens ?