Christophe Blanchet « Elle me terrasse et m'accule / possède mon corps tout entier / me tord l'esprit, prend ses quartiers / elle me glace, elle me brûle / Toujours à l'heure, elle est ponctuelle / elle ne me fait jamais défaut / sort de l'ombre et me fait la peau / ma chère amie, elle est monstruelle » Voilà ce qu'écrit Marine Bonnot dans son poème Rouge.
Cette chère amie se nomme endométriose, une maladie qui touche plus d'une femme sur dix. Cette maladie silencieuse atteint nos épouses, nos mères, nos filles, nos sœurs, nos amies, nos collègues, sans que nous le sachions. En effet, trop souvent encore, la pudeur les retient de parler alors qu'elles souffrent en silence. Nombre d'entre nous, notamment les hommes, ne sommes pas conscients de ce que cette maladie inflige à ces femmes dans leur quotidien, leur intimité, leur sexualité et leur espoir d'avoir un enfant.
Vendredi 28 mars, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre l'endométriose, il est essentiel de constater qu'il manque encore cette communication nécessaire pour que les langues se délient et pour que nous soyons tous mobilisés avec elles, mobilisés notamment avec l'association EndoFrance. Je salue sa présidente, Yasmine Candau, et toutes les femmes combattantes qui l'accompagnent. Partout où il est possible d'écouter la douleur de ces femmes et de poser un prédiagnostic, il est crucial que les personnels soient informés et formés, que ce soit dans les milieux scolaire, médical ou professionnel.
Comment mettre en lumière cette maladie de l'ombre ? Comment susciter une lueur d'espoir chez les 4 millions de Françaises qu'elle touche tout en respectant leur pudeur et leur dignité ? Au-delà des soulagements apportés par l'aide médicale, et en attendant de trouver un traitement réparateur et définitif, les centres antidouleur obtiennent-ils tous les moyens nécessaires pour accompagner ces femmes et leur proposer autre chose que des médicaments ?