Camille Galliard-Minier Après une expérimentation de l'accès encadré aux médicaments à base de cannabis lancée par Olivier Véran en 2021, le processus réglementaire devant aboutir à introduire cet accès dans le droit commun a été réactivé par le ministère de la santé. Le 19 mars, vous avez notifié à la Commission européenne les textes réglementaires nécessaires à l'autorisation de ces médicaments par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, d'une part, et à l'autorisation de la culture contrôlée du cannabis à des fins de production pharmaceutique, d'autre part.
C'est une bonne nouvelle pour les patients qui ont pris part à l'expérimentation : ils pourront bénéficier de leur traitement jusqu'au 31 mars 2026. La qualité de vie de nombreux patients souffrant de cancer, de sclérose en plaques ou de douleurs neuropathiques a été améliorée grâce à ces médicaments. Le cannabis thérapeutique a permis de soulager leur douleur, d'apaiser leur anxiété et de leur faire retrouver le sommeil et l'appétit.
Néanmoins, si la voie de l'introduction dans le droit commun est ouverte, ce qui permettra à la France de rejoindre les vingt et un autres États de l'Union européenne qui autorisent le cannabis médical, les médecins ne sont pas autorisés à inclure de nouveaux patients dans le protocole.
Or le processus réglementaire risque d'être long. Certains patients ne pourront malheureusement pas attendre car ils souffrent de cancer ou reçoivent déjà des soins palliatifs, leur pronostic vital étant parfois engagé.
La France souhaite améliorer les soins palliatifs et mener une réflexion plus large sur la fin de vie. Soulager plus efficacement la pire des souffrances, c'est-à-dire la douleur sévère et réfractaire, est une première étape cruciale. Les médicaments à base de cannabis viennent élargir l'arsenal thérapeutique pour ces patients qui reçoivent des soins palliatifs et qui sont souvent en fin de vie.
Monsieur le ministre de la santé, certains patients ne pourront pas attendre que le processus réglementaire s'achève ; ils devraient pouvoir bénéficier dès maintenant de ces médicaments. Quelles mesures urgentes le ministère envisage-t-il de prendre afin de garantir l'accès immédiat aux traitements à base de cannabis médical de ces nouveaux patients, et ce sans attendre la fin du processus réglementaire ?