Laurent Saint-Martin, ministre délégué chargé du commerce extérieur et des Français de l'étranger . La fin de votre question résume très bien la situation : une guerre commerciale serait néfaste pour toutes les parties – absolument toutes. Elle le serait, bien sûr, pour les pays européens, pour la France et ses exportateurs, mais aussi pour les États-Unis, dont les importateurs, les consommateurs et l'économie seraient directement touchés.
Une guerre commerciale n'a que de mauvaises conséquences. Elle ralentit les exportations, crée un effet inflationniste, entraîne de l'attentisme et du ralentissement dans les investissements. Cela, nous ne le voulons pas. Nous voyons déjà, depuis quelques jours, les réactions des marchés boursiers qui sont dans l'attente, craignant une éventuelle guerre commerciale.
Puisque vous la demandez, je répète avec clarté la position du gouvernement : nous voulons à tout prix éviter une escalade et une guerre commerciale. Nous pensons que, jusqu'au dernier moment, cela restera possible. La position de la France et de la Commission européenne restera toujours la même : la coopération avant la confrontation.
S'il devait y avoir, cette nuit, de nouvelles annonces de hausse des droits de douane visant les produits européens, la Commission européenne devra répondre. C'est une question de rapport de force et d'affirmation de la puissance commerciale qu'est l'Union européenne. Il serait impensable de ne pas répondre à une nouvelle agression commerciale.
Cela devra se faire en respectant une seule condition, pour être crédible et possible : que l'Europe et l'ensemble des États membres restent unis. Comme l'a dit la porte-parole du gouvernement ce matin, nous travaillerons donc, au cours du mois d'avril, à trouver une réponse proportionnée à ces attaques injustifiées.
Vous avez eu parfaitement raison de mentionner les difficultés et les craintes que nos filières peuvent nourrir. Le gouvernement en est conscient, notamment la ministre de l'agriculture, Annie Genevard, qui est venue en aide aux filières du vin et des spiritueux.
Je me rendrai moi-même vendredi en Champagne, afin de dire à nos producteurs que nous serons toujours – toujours ! – à leurs côtés pour les protéger dans un tel contexte. C'est vrai pour les vins et les spiritueux ainsi que pour toutes les filières françaises.