Sébastien Peytavie « On ne règle pas un tel problème avec des élections, on règle un tel problème avec une Aktion T4, mais cette fois beaucoup plus ambitieuse. » La semaine dernière, c'est dans ces termes qu'un blogueur d'extrême droite en a appelé à la plus grande opération d'extermination des personnes handicapées, l'Aktion T4, pour s'en prendre à moi et me menacer de mort.
L'Aktion T4 a conduit à l'extermination par le régime nazi de plus de 200 000 enfants et adultes handicapés pendant la seconde guerre mondiale, par surdose de médicaments, par sous-alimentation ou par asphyxie dans les chambres à gaz : un crime de masse contre les plus vulnérables et contre ceux qu'on jugeait indignes de vivre, pour « purifier la société » ; l'horreur absolue et la concrétisation de l'idéologie eugéniste dans ce qu'elle a de plus abominable.
« Créature physiquement altérée », « fiotte », « il devrait avoir honte d'exister » : voilà les mots de cette haine endormie des personnes handicapées. « En votant pour Marine Le Pen, tout va rentrer dans l'ordre » : voilà de qui se revendiquent ceux qui appellent à mon extermination.
On aimerait faire croire que c'est un élément isolé, une brebis galeuse, mais aujourd'hui ce ne sont plus seulement des mots : ce fanatisme identitaire renaît sous la forme d'attaques de Trump contre les politiques de diversité et d'inclusion des personnes handicapées aux États-Unis.
Personne handicapée, transgenre, issue de l'immigration, musulmane, juive, femme : la banalisation de la haine envers une catégorie pave irrémédiablement la voie à la haine de l'autre.
L'auteur de ce blog, multicondamné pour des propos similaires, a aujourd'hui fui au Japon. S'il n'y a pas d'accord d'extradition entre la France et le Japon, cet homme doit toutefois impérativement répondre de ses actes. Monsieur le ministre de l'intérieur, allez-vous vous saisir de votre responsabilité afin d'agir avec la plus grande fermeté contre la prolifération d'un tel rejet contre un élu de la République, contre tous nos concitoyens visés et contre l'intégrité même de notre société ?