Guillaume Florquin Monsieur le ministre chargé de l'industrie et de l'énergie, il y a quelques jours, ma circonscription a subi un nouveau drame industriel avec l'annonce brutale d'un projet de suppression de 126 emplois sur les 143 que compte le site historique d'Outinord, à Saint-Amand-les-Eaux, une tragédie de plus après celle qui touche les salariés d'ArcelorMittal.
Au-delà du simple aspect comptable de ces annonces, je tiens à rappeler avec force que derrière les chiffres froids des classeurs Excel du gouvernement se cachent des drames humains bien réels. Lorsqu'une usine ferme ses portes, c'est tout un territoire qui bascule ; ce ne sont pas seulement des emplois directs qui disparaissent, mais aussi des familles plongées dans l'incertitude. Je suis allé à leur rencontre mercredi. Ce que j'ai vu, ce que j'ai entendu, c'est l'angoisse, la fatigue, souvent la colère. Certains m'ont même confié devoir vendre leur maison. Voilà le résultat concret de votre politique technocratique, déconnectée des réalités du terrain.
Pour justifier le plan social d'Outinord, la direction invoque la crise profonde du secteur du logement : hausse brutale des taux d'intérêt, chute dramatique de 40 % des ventes de logements neufs en deux ans, baisse alarmante des permis de construire. Cette situation menace directement l'avenir d'entreprises industrielles comme Outinord, pourtant indispensables pour répondre au besoin immense de logements dans l'ensemble du territoire.
Outinord est un fleuron industriel français mondialement reconnu pour la fabrication de coffrages métalliques, un savoir-faire unique non seulement pour le logement, mais aussi pour des projets stratégiques de la filière nucléaire française, dont le gouvernement annonce justement la relance massive. Alors que le besoin en logements est immense et que la France affirme vouloir retrouver sa souveraineté industrielle, laisserez-vous disparaître ce savoir-faire stratégique ? Quelles mesures concrètes comptez-vous prendre dans l'immédiat pour accompagner les salariés et assurer un avenir au site d'Outinord de Saint-Amand-les-Eaux ?