Mickaël Cosson À quelques jours du 1er mai, journée symbolisant les combats menés par les travailleurs, la question de l'ouverture des boulangeries témoigne de la charge symbolique qu'incarne la valeur travail dans notre pays.
Madame la ministre, vous avez exprimé votre souhait de modifier la loi pour faciliter l'ouverture des boulangeries lors de ce jour férié. Nous souhaitons que vous puissiez en préciser le calendrier et les équilibres principaux. Il convient en effet de concilier l'objectif de simplification visant à encourager le travail et la volonté de préserver les fondements de notre modèle social.
Au-delà de cette question, essentielle pour nos artisans, nous souhaitons plus globalement interroger notre rapport au travail. Malgré les efforts visant à soutenir notre tissu productif, la compétitivité est en berne.
Ce ne doit toutefois pas être une fatalité. Nous sommes riches du potentiel de nos travailleurs. Il nous faut mieux les accompagner, quel que soit leur âge, pour que leur vie professionnelle ne soit pas perçue comme un tunnel jusqu'à la retraite mais pour qu'elle soit synonyme d'épanouissement ; pour qu'elle soit vécue comme un lieu de possibilité, et non de pénibilité.
La formation est un enjeu clé. Les carrières sont de moins en moins linéaires, et les bouleversements technologiques actuels sont de nature à transformer le monde du travail. Les travailleurs doivent ainsi être formés tout au long de leur parcours professionnel, en particulier grâce à la formation continue.
Le développement de la formation pour l'ensemble des travailleurs, et non pas seulement pour ceux qui sont confrontés à des difficultés, permettra à nos concitoyens de reprendre le contrôle de leur vie professionnelle et de leur épanouissement personnel.
De plus, la place de nos seniors doit être complètement repensée, dans un contexte où cette question est trop souvent reléguée au second plan. Ils doivent être considérés comme des acteurs à part entière de notre production de valeur, qu'elle soit économique ou sociale. En effet, ils apportent une plus-value auprès des jeunes, dont l'insertion dans l'emploi est de plus en plus tardive.
Enfin, s'agissant de la durée du travail, il ne faut pas se limiter aux considérations purement comptables. Quel est le projet du gouvernement pour que nous puissions produire plus et travailler mieux ?