Julie Laernoes Je tiens à réaffirmer notre solidarité aux victimes de l'attaque survenue au lycée de Notre-Dame-de-Toutes-Aides à Nantes, à leurs proches, à la communauté éducative, et à remercier nos forces de police et de secours.
Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur mais aussi à ses collègues chargés de la santé.
Cette tragédie aurait mérité pudeur et respect. Elle aurait mérité la présence d'un responsable politique digne, venu témoigner de la solidarité de la nation. Pourtant, plutôt que de respecter le temps du deuil et de la gestion de crise, plutôt que de prendre le temps d'analyser les causes profondes d'un tel drame, M. Retailleau a choisi la voie de la récupération politique.
Vous avez parlé d'ensauvagement, de déconstruction des repères. Mais la seule déconstruction, c'est celle de nos politiques publiques !
Prévention abandonnée, santé mentale sacrifiée, éducation délaissée. Cette tragédie n'est pas le révélateur d'un prétendu ensauvagement de la société mais bien de votre irresponsabilité.
Le constat est alarmant : alors que les hospitalisations psychiatriques d'adolescents ont bondi de 32 % en 2024, on ne compte qu'un infirmier scolaire pour 1 800 élèves. En Loire-Atlantique, il n'y a que 14 lits de pédopsychiatrie, soit 4,3 lits pour 100 000 mineurs.
Un membre du personnel du CHU de Nantes, cité par nos collègues Sandrine Rousseau et Nicole Dubré-Chirat dans leur rapport sur la prise en charge des urgences psychiatriques, alertait sur cette situation, en soulignant qu'elle empêchait la prise en charge de certains jeunes pourtant en situation de risque vital.
En total décalage avec ces réalités, vous répondez en proposant l'installation de portiques et la fouille de sacs.
On ne cachera pas les symptômes d'une faillite des services publics en durcissant l'autorité.
La véritable priorité devrait être au réarmement de nos services publics, dont le rôle est essentiel pour restaurer la cohésion et l'apaisement dans notre société.
Monsieur Retailleau, pourquoi agiter des fantasmes sécuritaires ? Pour masquer l'échec de votre gouvernement à défendre une politique ambitieuse pour protéger notre jeunesse ? Ou pour mieux faire votre campagne, au mépris des drames et de la réalité ?