Gérald Darmanin, ministre d'État, garde des sceaux, ministre de la justice . Je rends hommage à votre travail et à celui d'Éric Pauget. La proposition de loi que vous avez déposée il y a quelques mois reprend un dispositif qui a existé sous divers gouvernements, de gauche comme de droite, jusqu'en 2003 : la participation des détenus définitivement condamnés aux frais d'incarcération. Un détenu coûte 128 euros par jour à la nation, ce qui représente, pour l'ensemble des détenus, 10 millions par jour et 3,8 milliards par an. Il ne s'agit pas de faire payer aux détenus le coût du service public pénitentiaire, mais, vous l'avez dit, de les faire contribuer. À l'époque, 45 euros étaient prélevés chaque mois. Cette participation somme toute symbolique est compréhensible pour nos concitoyens.
À l'heure où nous souhaitons remettre des règles dans les prisons, alors que certains détenus disposent de surfaces financières très importantes – je pense notamment aux narcotrafiquants –, nous pourrions envisager, comme l'a suggéré Éric Pauget, l'instauration d'une contribution d'un montant de 5 euros par jour, ce qui représenterait une centaine de millions par an.
Votre proposition de loi, qui renvoie à un décret en Conseil d'État et à une discussion avec les syndicats et le monde pénitentiaire, permettrait d'en discuter. Je souhaiterais l'inscrire à l'ordre du jour. Si Bercy en était d'accord, il serait possible d'affecter tout ou partie de cet argent à l'amélioration du sort des agents pénitentiaires et des détenus. Dans de nombreuses prisons, ces derniers vivent dans des conditions indignes – vous êtes nombreux à m'écrire pour demander la construction de nouvelles prisons ou le réaménagement des prisons existantes.