Émeline K/Bidi Choisir, c'est renoncer – vous connaissez tous cet adage ; or en matière de budget, il semblerait que votre choix soit fait. Vous aviez déjà renoncé à taxer le capital ; il vous restait alors à choisir sur qui faire peser les économies qui, pour le moment, s'élèvent à 40 milliards d'euros. Depuis plusieurs mois, au milieu des annonces cacophoniques des ministres, un choix se dessine clairement : celui qui consiste à s'attaquer aux plus pauvres et aux plus faibles, dans l'Hexagone comme en outre-mer.
Alors que le cadrage budgétaire n'est pas encore déterminé, on voit poindre les attaques contre l'emploi, contre les jeunes, contre la santé, contre les travailleurs, contre l'environnement : baisse de financement des contrats PEC – parcours emploi compétences –, diminution des subventions aux missions locales, rétablissement des jours de carence, diminution des moyens consacrés à l'accompagnement des femmes victimes de violences.
Voilà quels sont vos premiers choix. Vous vous attaquez à ceux qui peinent déjà à finir les fins de mois, et vous choisissez d'incriminer les Françaises et les Français à qui vous reprochez sans cesse de ne pas assez travailler. Comble du cynisme, le 3 mai dernier, dans un entretien accordé au Journal du dimanche , le Premier ministre proposait de demander au peuple de valider son propre sacrifice : il annonçait vouloir organiser un référendum pour valider vos choix, afin de faire oublier que d'autres arbitrages existent.
Choisir, c'est renoncer et en ce qui vous concerne, vous avez renoncé à protéger la majorité des Françaises et des Français pour préserver les intérêts d'une poignée de privilégiés. Jusqu'où irez-vous ? Renoncerez-vous à sacrifier les politiques sociales et les services publics sur l'autel du capitalisme ? Quand choisirez-vous enfin le peuple ?