Anne Le Hénanff Monsieur le ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins, depuis le 24 février dernier se tient devant la cour criminelle du Morbihan, à Vannes, le plus grand procès de pédocriminalité jamais organisé en France : celui de l'ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, accusé d'avoir abusé sexuellement 299 enfants entre 1989 et 2014, dans plusieurs établissements de l'ouest de la France.
Au nom du groupe Horizons, j'adresse toutes mes pensées aux victimes de Joël Le Scouarnec.
Il ressort de ce procès que plusieurs défaillances institutionnelles graves ont émaillé le dossier. Alors qu'il avait été condamné dès 2005 pour détention d'images à caractère pédopornographique, cet ex-chirurgien a poursuivi sa carrière sans jamais être inquiété. Il a fallu attendre que soit déposée une plainte en mai 2017 par les parents d'une fillette en Charente-Maritime, pour qu'il soit enfin suspendu ! Cela pose la question d'éventuelles négligences des instances médicales.
À cela s'ajoutent la décrédibilisation de la parole des victimes et l'absence de remise en question de celle des médecins. Le code de la santé publique est pourtant clair : le contenu du casier judiciaire doit être compatible avec l'exercice de la profession. En l'occurrence, le conseil départemental de l'Ordre des médecins du Finistère, informé dès 2006, a explicitement décidé de ne pas engager de procédure disciplinaire. Pourtant, l'Ordre des médecins peut demander des vérifications et radier un praticien lorsqu'il est coupable d'infractions pénales graves.
Monsieur le ministre, vous avez présenté en janvier dernier un plan d'action contre les violences sexistes et sexuelles en santé pour, je vous cite, « en finir avec l'inacceptable », et nous saluons cette action nécessaire. Toutefois, ce plan n'inclut pas les violences subies par les patients, ce que nous regrettons vivement. Quelles actions concrètes allez-vous engager pour prévenir les défaillances institutionnelles dans le monde médical ?