Cyrielle Chatelain Je tiens tout d'abord à apporter mon soutien, monsieur le premier ministre, à Urgence Palestine. Dans notre démocratie, la liberté d'association est un droit fondamental.
Le ministre des affaires étrangères a annoncé hier que la France pourrait reconnaître l'État de Palestine « le moment venu ». Mais quand ce moment sera-t-il venu ? Lorsque chaque Palestinien aura été forcé à l'exil, expulsé de son foyer, assassiné ? On compte déjà 51 000 morts à Gaza et 900 morts en Cisjordanie, et pourtant votre gouvernement n'a toujours pas interdit la vente de matériel militaire à Israël. Le gouvernement israélien bombarde les hôpitaux, détruit les écoles, et pourtant des sociétés israéliennes prennent part au grand salon de l'armement au Bourget. Le gouvernement israélien intensifie la colonisation en Cisjordanie, et pourtant le gouvernement français n'interdit toujours pas l'importation des produits issus des colonies. Le gouvernement israélien fait de la famine une arme de guerre, en empêchant l'acheminement de tout aide alimentaire – 2 millions de Gazaouis, dont des enfants, meurent de faim –, et pourtant votre gouvernement n'a toujours pas exigé que l'Europe se retire de l'accord d'association avec Israël.
Le gouvernement israélien a annoncé vouloir conquérir la bande de Gaza, dont il a fait un cimetière : cela s'appelle un nettoyage ethnique. Le gouvernement israélien soumet intentionnellement le peuple palestinien à des conditions d'existence pouvant entraîner sa destruction, partielle ou totale. La France et l'Europe ne répondent pas à leur devoir. Le moment est venu : parmi les mesures que j'ai énumérées, laquelle allez-vous enfin prendre ?