Paul Molac Ma question s'adresse au premier ministre et porte sur la place des langues régionales dans le projet de réforme de la formation des enseignants.
Le décret paru le 17 avril ne mentionne pas le concours spécial de recrutement des professeurs des écoles, qui permet de recruter des enseignants capables d'enseigner à la fois en Français et dans une langue régionale. Pas de concours, pas d'enseignement – alors que la Constitution a été modifiée en 2008 pour donner toute leur place aux langues régionales et qu'une loi de 2021 prévoit, entre autres, la généralisation de l'offre d'enseignement en langue régionale. Il semblerait que certains services du ministère de l'éducation nationale n'aient pas encore pris en compte ces évolutions.
En tout état de cause, l'inquiétude est grande, chez les enseignants comme chez les parents dont les enfants suivent un enseignement en langue régionale. Je connais, monsieur le premier ministre, votre attachement aux langues régionales, à leur préservation et à leur promotion.
Ma question est simple : sans concours et sans enseignement digne de ce nom, au mépris des conventions signées entre l'État et les collectivités locales – je pense à la Bretagne, au Pays basque et à bien d'autres encore –, comment protéger et promouvoir ce patrimoine exceptionnel ? Allez-vous faire modifier ce décret pour que le concours spécial de recrutement des professeurs des écoles y soit expressément mentionné, et pour assurer que ce concours prenne bien en compte les capacités linguistiques des candidats – en Français, évidemment, mais aussi dans la langue régionale concernée ?