Julien Brugerolles Ce 1er mai a eu un goût amer avec la multiplication des licenciements : 300 plans sociaux sont en cours, menaçant directement 300 000 emplois. Chaque semaine, de nouvelles attaques frappent nos usines, qu'il s'agisse d'Arkema, STMicroelectronics, Vencorex ou Arcelor-Mittal.
Aujourd'hui, c'est l'industrie du verre qui se retrouve dans le viseur d'actionnaires sans foi ni loi. Le groupe Owens-Illinois Glass, géant américain du secteur, dont le premier actionnaire est le fonds d'investissement BlackRock, a annoncé un plan mondial de restructuration. Pour sa filiale O-I France, cela se traduit par 320 licenciements nets, soit près de 15 % des 2 200 salariés du pays.
En plus de la fermeture de la verrerie de Vergèze dans le Gard, quatre autres sites produisant bouteilles, pots et bocaux essentiels à notre économie sont concernés, notamment celui de Puy-Guillaume avec vingt-sept potentielles suppressions de postes. Pourtant O-I France affiche des bénéfices records et a bénéficié de 15 millions d'euros d'aides publiques directes entre 2019 et 2023 pour ses investissements.
Ce plan social, brutal et injustifié, frappe une filière essentielle à notre pays et à la transition écologique.
Les ouvriers du verre attendent des actes forts : des mesures fortes pour les protéger d'actionnaires obsédés par la rentabilité ; des actes forts pour défendre notre industrie face aux grandes puissances comme les États-Unis et la Chine, qui cherchent à l'affaiblir à leur profit.
Les outils existent : interdiction des licenciements boursiers, remboursement des aides publiques, soutien à la reprise des sites par les salariés, taxation carbone des productions importées, nationalisations temporaires ou pérennes.
N'est-il pas temps de sortir de l'immobilisme et du laisser-faire pour passer à l'action ?