Éric Bothorel Ma question s'adresse à monsieur le premier ministre et j'y associe mes collègues Louise Morel et Ayda Hadizadeh.
Le 7 mai 2022, Cécile Kohler et Jacques Paris ont été enlevés par les autorités iraniennes. Ils sont depuis otages de la république islamique d'Iran, cet État théocratique, parrain du terrorisme, qui nie obstinément le slogan « Femme, vie et liberté ». Car oui, ils sont otages d'État depuis trois longues années. Trois années d'attente, de silence, de douleur. Trois années à survivre dans les entrailles de la prison d'Evin, à Téhéran – une prison tristement célèbre, où l'isolement et la torture sont la règle.
Cécile est enfermée dans une cellule de 8 mètres carrés, sans lit, sans fenêtre, sans répit, une lumière crue allumée jour et nuit, une caméra sans cesse braquée sur elle. Son seul confort : une couverture posée à même le sol. Placée sous le contrôle total de ses geôliers, elle est soumise à de mauvais traitements. Ces conditions sont les mêmes, voire pires, pour Jacques. Face à cette torture, Cécile résiste par la poésie. Elle n'a ni de quoi écrire, ni possibilité de recevoir du courrier ou les livres envoyés par ses proches. Alors elle écrit des poèmes dans sa tête. Elle se les répète tous les soirs pour ne pas les oublier, jamais ! Les parents de Cécile et sa sœur Noémie l'ont eue quelques minutes au téléphone, exceptionnellement, il y a quelques jours. Les geôliers de Cécile et de Jacques leur annoncent toujours qu'un jugement est imminent et que le verdict sera « extrêmement sévère ». Ce verdict est sans cesse repoussé. Une véritable torture.
Cécile et Jacques souffrent. Ils s'usent. Mais ils résistent, car ils savent aussi que nous sommes là, que leurs visages sont affichés sur les grilles de l'Assemblée nationale, que partout en France, aujourd'hui même, cinquante rassemblements crient leur nom. Avec Otages du monde, avec son avocate, avec l'association de soutien, avec la famille et les amis, nous savons tous que le silence ne les sauvera pas. L'indifférence condamnerait Cécile et Jacques.
Les efforts diplomatiques de la France n'ont pas porté leurs fruits. Il est temps de placer les autorités iraniennes face à leur responsabilité. Face au refus de l'Iran d'autoriser les visites consulaires, la France a annoncé qu'elle allait porter plainte devant la Cour internationale de justice. Quand cette plainte sera-t-elle déposée ? Et surtout, que faisons-nous concrètement pour que les voix de Cécile et de Jacques ne s'éteignent pas dans l'oubli ? Que pouvons-nous faire pour qu'ils rentrent enfin chez eux ? Cécile et Jacques, nous vous attendons ! Vite !