Manuel Bompard Monsieur le premier ministre, allez-vous abandonner les salariés d'ArcelorMittal ? Ils sont mobilisés aujourd'hui contre la suppression de plus de 600 emplois. Certains sont présents dans les tribunes. Je leur apporte tout notre soutien dans ce combat d'intérêt général.
Il ne s'agit pas seulement de sauver des emplois, mais aussi de défendre la possibilité de produire de l'acier en France. Or Mittal refuse d'investir pour décarboner la production. Il en a pourtant les moyens puisqu'il a versé 12 milliards à ses actionnaires au cours des dernières années.
La décarbonation doit intervenir avant 2030 et il faut quatre ans pour la réaliser. C'est donc maintenant que tout se joue ! Sinon, toute la filière disparaîtra, emportant plus de 60 000 emplois.
L'attentisme est une stratégie délibérée pour fermer tous les sites en France. Arrêtez de nous faire croire que vous pouvez ramener Mittal à la raison alors qu'il a pour unique objectif de vous faire cracher encore plus d'argent public pour remplir les poches de ses actionnaires !
Pendant que vous gesticulez, le groupe se dépêche de supprimer les emplois indispensables au maintien de l'activité. Si Mittal veut partir, qu'il s'en aille ! Les salariés peuvent faire sans lui.
Vous avez la responsabilité de sauver la production d'acier en France. Le Royaume-Uni, le Kazakhstan, l'Italie l'ont fait. Qu'attendez-vous ? Après Sarkozy et Gandrange en 2008, après Hollande et Florange en 2012, les salariés d'ArcelorMittal en ont assez des promesses sans lendemain, des mots creux, des trahisons. Ils veulent des actes. Nous aussi !
Alors, monsieur le premier ministre, allez-vous nationaliser ArcelorMittal ou serez-vous le fossoyeur de la production d'acier en France ?