Laurent Panifous En ce mois de commémorations des victimes de l'esclavage, je prends solennellement la parole au nom de mes collègues Max Mathiasin et Olivier Serva, députés de la Guadeloupe, et de tous mes collègues du groupe LIOT, pour vous alerter sur un élément troublant de notre arsenal juridique : la non-abrogation formelle du Code noir.
Le Code noir est ce recueil d'édits royaux publiés à partir de 1685 qui a régi la mise en esclavage d'êtres humains en les réduisant au statut juridique de biens meubles. Ce sont des châtiments abjects comme les coups de corde, le marquage au fer, la découpe de jarrets ou d'oreilles, la peine de mort.
On peut croire que le décret d'abolition de l'esclavage de 1848 a abrogé le Code noir, mais il n'en est rien, puisqu'aucun texte ne l'a formellement aboli. Certes, la France a fait de la traite négrière et de l'esclavage un crime contre l'humanité. Certes, le 10 mai est la Journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leur abolition, et le 23 la Journée nationale en hommage aux victimes de l'esclavage colonial. Pourtant, j'y insiste, la France n'a jamais abrogé le Code noir.
Le débat n'est pas de savoir s'il est applicable ou pas. Il s'agit de dignité humaine, d'un symbole. Nous devons une telle abrogation à ces femmes et à ces hommes mis en captivité, et à leurs descendants, au nom de la justice réparatrice.
Monsieur le premier ministre, l'heure est venue pour la République de se laver de l'ignominie du Code noir !