Stéphane Delautrette Je veux vous parler de l'engagement de nos 500 000 concitoyens élus municipaux, départementaux et régionaux. Loin d'être des professionnels de la politique, ils continuent le plus souvent à exercer leur métier, tâchent de passer du temps avec leurs proches, tout en consacrant une bonne partie de leur journée à leur mandat – trente-deux heures par semaine en moyenne pour les maires.
La passion qui les anime ne doit pourtant pas masquer les difficultés qu'ils rencontrent et qui constituent autant de freins à l'engagement de tous nos concitoyens. Je veux parler de l'impossibilité de prendre un congé parental sans renoncer à ses fonctions ; de la difficulté d'obtenir une autorisation d'absence pour ceux qui poursuivent des études ; de la faible reconnaissance professionnelle des compétences acquises au cours du mandat ; des obstacles au bon déroulement de carrière ou au retour à l'emploi. Est-il étonnant, dès lors, qu'ils soient aussi hésitants à être candidats ?
La démocratie locale est un trésor national auquel nos compatriotes sont particulièrement attachés. Mais si nous ne soutenons pas les Françaises et les Français qui s'investissent, alors nous courons un grave danger, celui d'une démocratie qui ne serait plus à l'image de celles et ceux qu'elle représente.
Les élections municipales se tiendront dans moins d'un an. Il est urgent de permettre à tous nos concitoyens, dans leur diversité, quel que soit leur parcours, d'être candidats à des fonctions locales. Aussi, ma question est simple : inscrirez-vous à l'ordre du jour de nos travaux, avant l'été, la proposition de loi sur le statut de l'élu local ? Votée à l'unanimité au Sénat, soutenue par les associations d'élus, elle fait consensus sur nos bancs, comme en témoigne le rapport d'information sur le statut de l'élu local présenté le 12 février dernier par la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation de l'Assemblée.