Joseph Rivière Monsieur le premier ministre, le 22 avril 2025, le président Macron, lors d'une petite escapade post-cyclone, a annoncé l'application d'une zone franche à l'ensemble du territoire de la communauté intercommunale Réunion Est. L'élargissement de ce dispositif ne bénéficiera qu'à une minorité d'industries et exclura de facto la majorité des entreprises de l'île, des TPE. Il s'applique à la microrégion qui, avec 127 000 habitants, est la moins peuplée de l'île et la moins dotée en infrastructures.
Pendant ce temps, l'État ignore le reste de La Réunion alors qu'elle est frappée par un taux de chômage de 17 %, soit 62 000 chômeurs. Rien que dans ma ville du Tampon, dans ma circonscription, on dénombre 12 000 chômeurs. Entre 2023 et 2024, une hausse de 61 % des défaillances d'entreprise a été enregistrée. L'agriculture locale est assassinée par les produits d'importation : 90 % de ce que nous mangeons vient de l'extérieur.
Monsieur le premier ministre, c'est toute La Réunion qui devrait être une zone franche. La balance commerciale est déficitaire : 7,1 milliards d'euros d'importations contre seulement 405 millions d'exportations. Dans le bassin sud, la zone aéroportuaire de Pierrefonds a besoin d'un nouveau souffle. Toutes nos entreprises sans distinction doivent pouvoir bénéficier d'une zone franche.
Dès 2017, Marine Le Pen proposait, dans le programme du Rassemblement national, la défiscalisation pour les outre-mer, estimant que le coût fiscal estimé par Bercy serait bien moindre que le coût social du chômage. Sept ans plus tard, au crépuscule de votre régime, nous sommes jusqu'au cou dans le drame social du chômage, si ce n'est de la misère.
Quand l'État fera-t-il le choix audacieux de mettre tous les outre-mer en zone franche, renouant ainsi avec les grandes heures de la défiscalisation ?