Nicolas Sansu Monsieur le premier ministre, hier soir, au milieu d'une logorrhée aussi indigeste qu'insipide, le président Macron a tranché durement en refusant toute nationalisation, même partielle ou temporaire, d'ArcelorMittal. Au mépris de plus de 600 salariés menacés par la perte de leur emploi, dont les représentants étaient présents à l'Assemblée nationale hier, vous faites vivre les dogmes du libre-échange qui ont pourtant ravagé notre industrie depuis quarante ans et ont entraîné trop de territoires dans le marasme. Hier, c'étaient Gandrange et Florange ; aujourd'hui, c'est Dunkerque ; demain, ce seront Fos-sur-Mer ou Saint-Chély-d'Apcher.
Il faut le refuser pour défendre notre souveraineté, comme l'ont compris des pays voisins tels que le Royaume-Uni, qui a protégé sa production d'acier. En effet, l'acier est à l'industrie ce que l'eau est à la vie. Sans acier, que deviendraient les filières automobile, aéronautique et de l'énergie ? C'est tout notre appareil productif que vous fragilisez, alors que le dévoiement des aides publiques contribue à gonfler les dividendes d'ArcelorMittal au détriment des investissements nécessaires. À l'heure où les empires se dévoilent, comment accepter que plus de 50 % de l'acier mondial soit produit par la Chine, ce qui nous place dans sa dépendance ?
Nous manquons d'un protectionnisme solidaire, qui valorise les travailleurs de notre pays, fiers de la belle ouvrage et désireux de donner à la France les moyens de son indépendance. C'est pourquoi, comme nous l'avons fait à des moments cruciaux de l'histoire pour construire et même reconstruire le pays, nous vous demandons d'utiliser le levier de la socialisation des moyens de production de l'acier en France. Le groupe GDR, au sein duquel siègent les députés communistes et les progressistes ultramarins, déposera une proposition de loi en ce sens.
Monsieur le premier ministre, ne jouez pas les thuriféraires d'un monarque las, entendez monter le cri sourd du pays qu'on entrave et qu'on brise. Nationalisez sous le contrôle des salariés !