Andrée Taurinya Il aura fallu dix-neuf mois pour que celles et ceux qui salissaient hier les défenseurs de la paix revoient l'inconditionnalité de leur soutien à la politique criminelle d'Israël.
Le poids de la complicité semble être devenu trop lourd à porter, et pour cause : plus de 50 000 victimes civiles à ce jour, en majorité des femmes et des enfants, des amputations à vif, des écoles rasées, des soignants et des journalistes assassinés, une famine orchestrée par l'armée soi-disant la plus morale du monde !
C'est ce que nous n'avons eu de cesse de dénoncer, malgré une pluie de calomnies, malgré la répression et les menaces de mort. Comment pouvait-on croire que cette fuite en avant génocidaire libérerait les otages ? Nous espérons leur libération, comme celle des milliers de prisonniers palestiniens, dont des centaines d'enfants.
M. Netanyahou n'a jamais caché son objectif. Encouragé par le président Trump, il a confirmé, dans sa dernière déclaration, un projet qui n'est pas nouveau : déporter la population de Gaza pour annexer ce territoire. Ce plan ne s'arrêtera que si les puissances occidentales cessent d'encourager le premier ministre israélien dans cette voie.
Monsieur le ministre des affaires étrangères, lundi, vous avez estimé que la demande de révision de l'accord d'association entre Israël et l'Union européenne était légitime. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin. L'inertie des États membres de l'Union européenne ne peut pas conduire la France à renoncer aux mesures coercitives unilatérales qu'elle a le devoir de prendre.
Vous aimez rappeler les sanctions prononcées contre vingt-huit colons israéliens ultraviolents. La colonisation à visage humain n'existe pas : qu'en est-il des 500 000 autres qui commettent des crimes de guerre en s'appropriant des terres en toute illégalité ?
Il est du devoir d'un responsable politique d'agir maintenant pour empêcher que l'histoire d'un génocide s'écrive au passé. Quand allez-vous reconnaître l'État de Palestine ? Quand soutiendrez-vous des sanctions et un embargo sur les armes fournies à Israël pour arracher un cessez-le-feu et construire une paix juste et durable ?