Emmanuel Maurel Au sommet Choose France, le président de la République a vanté l'attractivité française retrouvée. Toutefois, nos compatriotes savent bien que ce triomphalisme de tribune occulte une réalité économique bien plus sombre ; en témoignent un déficit extérieur abyssal et une cascade de plans sociaux.
La politique industrielle ne saurait se résumer à l'installation de data centers anglo-saxons ou construits en partenariat avec des Émiriens.
En réalité, moins d'un tiers des investissements étrangers relèvent de l'industrie et la France est très peu riche en emplois par rapport aux pays européens comparables. Surtout, une étude récente de la Banque de France indique que, sur les 900 milliards qui constituent le stock d'investissements étrangers en France, plus de 200 transitent par le Luxembourg, ce qui signifie qu'ils bénéficient de montages juridiques et fiscaux leur permettant d'échapper, totalement ou partiellement, à l'impôt.
Dès lors, je trouve saisissant le contraste entre l'optimisme surjoué à Versailles et la réalité que vivent les salariés français. Je pense à ceux de Vencorex, dont l'entreprise a été dépecée, à ceux d'Arcelor, que vous refusez obstinément de nationaliser ou encore à ceux de Chapelle-Darblay, auxquels vous ne voulez pas accorder les 20 millions dont ils ont besoin.
Avant de faire venir des entreprises étrangères, j'aimerais que l'on empêche nos propres multinationales françaises, gavées d'argent public, qui délocalisent et ferment des établissements et des usines, d'agir de la sorte.
Ma question est simple : au-delà de la communication événementielle, que faites-vous pour sauver les emplois et l'industrie française ?