Gérault Verny Ma question s'adresse au ministre de l'intérieur. Ce week-end, à Aix-en-Provence, deux policiers municipaux ont été sauvagement agressés en plein après-midi, alors qu'ils intervenaient à la suite d'un simple contrôle routier. Poursuivant un individu qui circulait illégalement sur une minimoto, ils ont été attaqués par une vingtaine de personnes dans le quartier du Jas-de-Bouffan. L'un d'eux a été frappé à la tête alors qu'il était seul, au sol, incapable même d'appeler des renforts. Bilan : plus de dix jours d'ITT. Le second, blessé lui aussi, n'a pu s'en sortir que grâce à l'intervention de plusieurs habitants du quartier, que je remercie ici.
Je veux rendre hommage au sang-froid et au courage de ces deux policiers municipaux. Seuls contre tous, ils ont poursuivi un individu dangereux dans un quartier difficile. L'un d'eux a gardé son sang-froid alors même qu'il était frappé au sol. Leur action témoigne d'un engagement total, au risque de leur vie, sans autre protection que leur sens du devoir.
Cette scène n'est pas un fait divers : elle est le symptôme d'un mal plus profond, qui se caractérise par la croissance d'un sentiment d'impunité dans certains quartiers, où l'uniforme n'inspire plus le respect mais devient une cible.
Ce sont les policiers municipaux qui, à Aix-en-Provence comme ailleurs, assurent la présence visible de l'ordre, interviennent en premier, connaissent les rues, les visages, les habitudes, et prennent des risques réels. Ils sont bien souvent les artisans invisibles de la sécurité et de la paix civile dans nos villes, là où la présence policière seule maintient encore un cadre. Mais ces agents, qui sont au service de la sécurité de tous, doivent être particulièrement protégés.
À cette fin, M. le ministre de l'intérieur soutiendra-t-il la proposition de loi visant à instaurer des peines planchers pour les crimes et délits commis contre les membres de la force publique et les pompiers, que le groupe UDR présentera ?