Hadrien Clouet J'en doute, au vu du racket auquel vous soumettez les chauffeurs de taxi. Chauffeurs de taxi auxquels nous adressons, nous les Insoumis, tout notre soutien et toutes nos amitiés depuis cet hémicycle, au huitième jour de grève contre une convention pourrie dont nous exigeons la suspension et le retrait. Car cette convention leur vole 300 millions d'euros en baissant les tarifs pour transport de malades, une perte de 7 500 euros par chauffeur !
Pourtant, vous avez bien trouvé 300 millions pour les rendre à M. Bolloré, fin mars, en effaçant son ardoise pour fraude fiscale. C'est aussi ce que vous avez donné aux laboratoires pharmaceutiques dans le cadre du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2025. Mais vous préférez essorer les taxis, essorer des travailleuses et des travailleurs à plus de soixante heures par semaine, payés en dessous du smic horaire et qui bossent parfois de l'aube au crépuscule, au péril de leur santé et au risque d'accidents de la route, avec, en plus, des frais d'assurance et des frais de carburant qui, par votre faute, explosent !
Pris à la gorge, des milliers d'entre elles et d'entre eux vont devoir arrêter leur activité ou empiler les patientes et les patients à l'arrière du véhicule ! Imaginez, collègues, un monde où tous vos voisins connaissent vos maladies par cœur… On avait un service public d'aide à la personne, vous en faites des livreurs de colis et préparez le terrain aux plateformes ubérisés.
Que tout le monde comprenne bien : la Macronie ayant fermé hôpitaux et maternités de proximité, les gens malades ou les femmes enceintes n'ont d'autre choix que de parcourir de longues distances pour être pris en charge, donc de recourir à des taxis , que vous tentez aujourd'hui de ruiner. Vous inventez l'impôt sur les déserts médicaux.
Comme toujours dans une lutte d'intérêt général, il y a une solution d'intérêt général : salariez enfin les conducteurs de VTC : cela rapportera 1 milliard d'euros dans les caisses de la sécurité sociale et permettra de stabiliser le revenu des taxis, voire de les augmenter, tout en rouvrant partout des centres de soins de proximité. Qu'attendez-vous ?