Manuel Valls, ministre d'État, ministre des outre-mer . Je connais vos travaux sur l'avenir institutionnel des territoires d'outre-mer et je connais évidemment, et surtout, votre engagement en faveur de la Guyane et de son évolution institutionnelle. Vous l'avez rappelé, sous la présidence de Gabriel Serville, le congrès des élus de Guyane a adopté plusieurs résolutions en faveur d'un projet d'évolution statutaire. La dernière de ces résolutions, examinée au printemps 2024, avait pour objet la représentation des peuples autochtones de Guyane.
Il appartient donc au gouvernement – et croyez que c'est une préoccupation du premier ministre – d'y répondre. Je mesure bien sûr l'attente des élus. Nous voulons y répondre avec transparence et méthode. C'est pourquoi j'entends instaurer un dialogue selon des modalités concertées, respectueuses non seulement des élus mais aussi de l'histoire et de la culture de la Guyane.
Il ne me revient pas d'engager d'emblée des discussions en vue d'une révision constitutionnelle. En revanche, les élus de Guyane auront toute mon écoute, dans la perspective d'approfondir – et sans tabou – toutes les options avancées. Lors de mon prochain déplacement en Guyane, dans un peu plus de quinze jours, la question institutionnelle sera évidemment au programme de mes échanges avec les élus. Ces échanges se tiendront dans le cadre défini en mars 2024 par le président de la République qui, je n'en doute pas un instant, désirera lui aussi vous recevoir. Ce cadre prévoit que l'État conserve ses compétences régaliennes, que la population soit consultée, et que les forces politiques guyanaises soient unanimes – ce qui semble acquis.
Au-delà de la question institutionnelle, ce qui m'importe, c'est l'action publique concrète déployée au bénéfice des Guyanais qui méritent l'attention et le soutien de toute la nation. Je suis attaché à ce que les travaux intègrent l'élaboration d'un projet stratégique pour la Guyane. Le cadre juridique doit être mis au service d'un projet, point sur lequel nous pouvons nous mettre d'accord, et, je le répète, avec, toujours, le souci de respecter la culture de la Guyane.