Sophie Ricourt Vaginay La Cour des comptes, dans son énième rapport rendu public le 15 mai dernier, n'avertit plus, elle sonne le tocsin. Elle évoque un risque réel de perte de contrôle des finances publiques et, pour la première fois, parle d'un scénario de cessation de paiement d'ici à 2027. C'est un basculement, un point de rupture.
Or, ces signaux, nous ne les découvrons pas. Dès l'an dernier, une commission d'enquête, dont Éric Ciotti était rapporteur, a entamé des travaux sur le dérapage budgétaire des années 2023 et 2024, et a révélé ce que beaucoup savaient et que vous taisiez : des budgets insincères, des hypothèses de croissance fantaisistes et des économies fictives pour habiller le vide. Le constat est accablant : un déficit qui crève les plafonds européens, une dette abyssale qui atteint 3 300 milliards d'euros.
Monsieur le premier ministre, le temps n'est plus aux tergiversations mais à la vérité. J'ai deux questions simples. Quelle est la garantie de sincérité du budget pour 2025, alors que les fondations de la loi de finances ont été sapées par vos propres illusions de croissance ? Quand direz-vous la vérité aux Français, quand leur expliquerez-vous, les yeux dans les yeux, que la République ne tient plus que par le fil de ses crédits à court terme ?
Vous avez le devoir de garantir la soutenabilité des dépenses publiques. Vous avez le devoir d'assurer la continuité de l'État. Le silence n'est plus une stratégie, c'est une fuite et l'aveu d'une faillite annoncée. Alors, avec Éric Ciotti et l'ensemble du groupe UDR, nous vous le demandons solennellement : allez-vous continuer à gouverner dans le déni, jusqu'au jour où la France ne pourra plus payer ses dettes ni tenir ses promesses ?