Danielle Simonnet Depuis deux semaines, les taxis sont mobilisés massivement. Si la nouvelle convention s'applique, ils seront des milliers à mettre la clé sous la porte. Pour ceux qui exercent en zone rurale ou périurbaine, c'est une question de vie ou de mort.
Sont-ils responsables de l'augmentation continue du nombre de courses conventionnées ? Non. Ce sont la casse de la santé publique, la fermeture des hôpitaux de proximité, le virage ambulatoire, les déserts médicaux, bref, les politiques libérales décidées par votre gouvernement et ses prédécesseurs qui sont responsables, pas les taxis ! Pourtant, c'est sur leur dos que vous voulez économiser, en imposant une politique tarifaire forfaitaire qui les mettra sur la paille.
Ce sera la double peine pour les habitants des zones rurales : ils ont déjà perdu l'accès au service public de santé, ils risquent désormais de perdre leurs taxis. Or si les taxis crèvent, ce sera l'isolement total. S'il n'y a plus de taxi, comment aller à une chimio, une dialyse, une IRM, surtout si l'on est âgé ? Une fois de plus, c'est aux petits que vous vous attaquez.
Pendant ce temps, les plateformes de VTC pillent les caisses de l'État et de la sécurité sociale. Elles violent les lois impunément. Vous semblez découvrir qu'il n'est pas acceptable qu'elles ne paient pas leurs impôts en France. Il y a déjà deux ans, mon rapport fait au nom de la commission d'enquête relative aux révélations des Uber Files démontrait que les plateformes fraudent les impôts et l'Urssaf, qu'elles ne respectent aucune loi, tout ça grâce à une complicité organisée au plus haut niveau de l'État. Qu'avez-vous fait depuis ? Rien !
Monsieur Bayrou, renoncerez-vous à cette convention ? En zone rurale, on a besoin des taxis ; sans eux, beaucoup devront renoncer aux soins. Quelles mesures concrètes prévoyez-vous pour mettre fin à la concurrence des plateformes type Uber et pour qu'elles payent leurs impôts et leurs cotisations ? Quand transposerez-vous la directive européenne qui impose aux plateformes de salarier leurs travailleurs ? Cela rapporterait plus de 1 milliard d'euros à la sécu.
Plutôt que de tuer les taxis et d'isoler encore plus les anciens en ruralité, il est urgent de s'attaquer à ceux qui fraudent, aux plateformes de l'ubérisation !