Sandrine Runel Madame la ministre des solidarités, votre collègue ministre de l'aménagement du territoire et de la décentralisation vient de se livrer à un petit tour de passe-passe alors que depuis des semaines, voire des mois, le gouvernement est obsédé par la simplification à tout va.
Dans chaque commune, dans chaque intercommunalité, les CCAS accompagnent nos aînés, les personnes isolées, les jeunes en rupture et les familles en difficultés - celles qui se demandent dès le 15 du mois comment nourrir leurs enfants jusqu'au 31. Madame la ministre des solidarités, monsieur le ministre de l'aménagement du territoire, vous devriez le savoir : dans notre pays, la solidarité n'est pas optionnelle.
Contrairement à ce que vous semblez penser, les centres communaux d'action sociale sont bien plus que des structures administratives. Ils incarnent le service public de proximité, l'engagement des élus locaux et des professionnels.
Un Français sur cinq a déjà poussé la porte d'un CCAS et la pauvreté ne cesse d'augmenter dans notre pays : la mesure à laquelle vous venez de renoncer aurait entraîné une dégradation du service public.
Je le redis à ce gouvernement : on ne vaincra pas la pauvreté en s'attaquant aux pauvres !
Les CCAS pallient désormais les manquements de l'État en assurant des mesures d'hébergement d'urgence, compétence que vous n'assumez même plus ! À Lyon, Strasbourg, Rennes, Paris, Bordeaux, Alfortville et tant d'autres villes, ce sont nous qui mettons des familles à l'abri, qui hébergeons les mineurs isolés et les enfants qui dorment dans la rue.
Et vous voulez supprimer les services de solidarité ? Quand arrêterez-vous de suivre cette logique de démantèlement, de casse des services publics ? Vous vous attaquez à tout, tout le temps : aux chômeurs, aux malades, aux retraités, aux collectivités locales. Vous supprimez les zones à faibles émissions, l'objectif zéro artificialisation nette, le dispositif MaPrimeRénov', et maintenant les CCAS !