Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Je vous remercie, monsieur le député, d'appeler l'attention de la représentation nationale et du gouvernement sur le sort des minorités et des communautés avec lesquelles nous avons une histoire commune et envers lesquelles nous avons une responsabilité particulière. Il en est ainsi des communautés chrétiennes, partout dans le Moyen-Orient : nous les soutenons traditionnellement, non pour des raisons religieuses, mais parce que nous considérons que la paix et la stabilité dans cette région passent par le respect du pluralisme. C'est pourquoi, lorsque la guerre s'est déchaînée au Liban, nous avons soutenu le réseau des écoles chrétiennes ; c'est pourquoi nous avons contribué à rénover et à rebâtir le patrimoine chrétien irakien dévasté par Daech ; c'est pourquoi, chaque fois que je me déplace, je veille à rencontrer les chefs religieux des communautés chrétiennes, comme récemment en Syrie, où nous nous faisons leur porte-voix pour qu'ils soient pleinement intégrés dans l'avenir du pays.
Face à l'escalade de violence, à l'escalade militaire dans la région, nous sommes très attentifs au sort de ces communautés, en particulier en Israël et dans les territoires palestiniens, où nous veillons sur elles, mais également en Arménie, au nord de l'Iran – comme vous le savez, la zone frontalière entre l'Arménie et l'Iran sépare les deux territoires de l'Azerbaïdjan : il y a là une ligne de fracture particulièrement sensible.
Il est vrai que la Russie, enlisée, comme vous l'avez dit, dans sa guerre contre l'Ukraine, a quelque peu abandonné l'Arménie – mais la France est venue à son secours et depuis des mois nous nous tenons à ses côtés, en renforçant nos coopérations, notamment dans le domaine de la défense, en matière militaire, coopérations qui n'ont pas d'équivalent dans l'histoire récente des relations entre l'Arménie et les pays européens. Dans la période qui s'ouvre, nous allons continuer à nous tenir aux côtés de l'Arménie.