Perrine Goulet Ma question s'adresse à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire et je souhaite y associer mes collègues issus d'un des nombreux départements où la prédation du loup est en augmentation.
Dans la Nièvre, la colère le dispute à la détresse chez les agriculteurs confrontés à l'augmentation du nombre d'animaux tués par le loup. Alors que notre territoire est classé en front de colonisation, nous constatons une forte augmentation de la prédation depuis deux ans : onze attaques ont été recensées en 2023 et quarante-huit en 2024. Depuis le 1er janvier 2025, quatre-vingts attaques ont formellement été attribuées au loup. Le 15 juin 2025, on comptait déjà 127 animaux blessés et 190 tués, soit le niveau de prédation d'octobre 2024 en nombre de bêtes tuées.
Tout comme l'élevage, la présence du loup est un facteur de biodiversité, avec lequel il faut apprendre à vivre. Néanmoins, ce « vivre avec » ne doit jamais devenir un « laisser mourir » pour nos agriculteurs, d'autant que la conservation de cette espèce est désormais assurée. En effet, être indemnisé pour une bête tuée n'est viable, ni financièrement, ni moralement.
Il y a quelques jours, le niveau de protection du loup a évolué au niveau européen : l'espèce est passée de « strictement protégée » à « protégée ». C'est le fruit d'une longue mobilisation et du combat européen engagé par Marc Fesneau, que vous avez prolongé.
Cette évolution offrira plus de flexibilité aux États en ce qui concerne la gestion des populations, par exemple en prenant un arrêté sur le protocole de tirs conforme à ce que prévoit le plan national d'action 2024-2029. Comment et à quelle échéance comptez-vous vous saisir de cette directive européenne à l'échelle nationale, afin de conjuguer la préservation de la biodiversité et la protection de nos éleveurs ?
Pouvez-vous, en outre, préciser devant la représentation nationale s'il sera procédé à un nouveau comptage permettant de fixer de nouvelles cibles de prélèvements, qui correspondent à la réalité de nos territoires ? Allez-vous réévaluer le statut des territoires comme la Nièvre – dont la situation est à l'image de celle de beaucoup d'autres –, pour les faire passer de front de colonisation à zone de présence permanente, afin de leur accorder des moyens en rapport avec la réalité vécue sur le terrain ?