Nicolas Thierry Une étude scientifique internationale d'une ampleur inédite, la plus vaste à ce jour, vient d'être publiée sur les effets du glyphosate. Menée par une équipe internationale, elle s'appuie sur une observation de longue durée, porte sur un large échantillon et a suivi un protocole d'une rigueur rarement atteinte.
Les résultats sont sans appel : même à des doses faibles et conformes à la norme européenne en vigueur, l'exposition prolongée au glyphosate provoque des leucémies précoces et de multiples tumeurs.
L'autorisation du glyphosate a pourtant été renouvelée jusqu'en 2033 : dix ans de plus d'exposition pour nos agriculteurs, dix ans de résidus de glyphosate dans nos aliments, dix ans de perdus contre les cancers.
Monsieur le ministre de la santé, je ne peux imaginer que vous soyez sourd aux immenses préoccupations de la population sur les substances toxiques qui empoisonnent nos vies. Je veux d'ailleurs ici relayer l'appel à une mobilisation massive le 29 juin contre la loi Duplomb, dont les mesures inquiètent nos concitoyens.
Je ne peux pas non plus vous imaginer insensible à cette nouvelle étude sur le glyphosate car je vous sais engagé dans la lutte contre le cancer. Or cette étude d'ampleur démontre que le glyphosate provoque des cancers à des doses jugées aujourd'hui sûres par l'Union européenne. Ces nouveaux résultats changent donc la donne ; le statu quo n'est plus tenable.
Je vous pose donc deux questions très précises : à la lumière des résultats de cette étude inédite, la France compte-t-elle interpeller la Commission européenne pour demander la révision de la réautorisation du glyphosate ? Si la Commission reste sourde, interdirez-vous cette substance sur notre sol en vertu du principe de précaution ?