Julien Brugerolles Cette position, totalement aberrante au regard des règles élémentaires de la négociation sociale qui s'ouvrait, a entraîné le retrait de la CGT et de Force ouvrière. Elle contribue à l'enlisement du processus, que vous entretenez pour gagner du temps.
Hier encore, vous avez déclaré ici même que, faute d'accord, la réforme de 2023 continuerait de s'appliquer comme si de rien n'était. Le Medef n'en demandait pas tant, monsieur le premier ministre. Quel que soit le résultat d'un conclave dont l'issue est chaque jour plus incertaine, il ne répondra en rien à cette exigence claire des Français : ils refusent le recul de l'âge légal à 64 ans.
Le 5 juin dernier, les députés communistes et des territoires dits d'outre-mer de notre groupe ont fait adopter dans cet hémicycle, à une très large majorité, une proposition de résolution exigeant l'abrogation de la réforme de 2023 et de ses mesures rétrogrades.
Ce vote, jusqu'alors confisqué à notre assemblée, vous oblige à faire un choix. Une seule alternative s'offre à vous : abroger la réforme ou recourir au référendum. C'est l'unique voie pour sortir de la crise que vous alimentez, pour réparer l'offense faite au peuple. Alors, monsieur le premier ministre, allez-vous enfin procéder à l'abrogation de cette réforme des retraites ? Ou organiserez-vous un référendum ?