Matthieu Bloch Jeudi dernier, lors de la journée réservée au groupe UDR, nous défendions une proposition de loi pour lutter contre les mariages simulés et arrangés, véritables moyens d'obtention frauduleuse de titres de séjour et d'évitement des obligations de quitter le territoire français. Face à nos propositions, la gauche de l'hémicycle a choisi l'obstruction, oscillant, comme à son habitude, entre le burlesque et le grotesque.
Ce qui est plus grave, c'est que le gouvernement avait les moyens de mettre un terme à cette obstruction. L'article 44, alinéa 2, de la Constitution vous permettait de balayer ces amendements dilatoires. Votre garde des sceaux, Gérald Darmanin, n'en a rien fait. Pourtant, ce texte reprenait mot pour mot le texte issu du Sénat. En outre, le président de la République avait déclaré à la télévision que le procès dont Robert Ménard fait l'objet était « ubuesque » et qu'il souhaitait voir cette proposition de loi inscrite rapidement à notre ordre du jour. Était-ce un mensonge de plus ?
Pire encore : le garde des sceaux a sciemment laissé filer le temps, pour finir par feindre la surprise dans l'hémicycle. Comble du cynisme, il a osé accuser notre président Éric Ciotti d'avoir mal géré notre journée, ce qui constitue une inversion accusatoire indigne.
Monsieur le premier ministre, où étiez-vous ? Avez-vous donné l'ordre à votre ministre de la justice de saborder ce texte tant attendu par les Français ? Avez-vous cautionné ses manigances, trahissant ainsi la parole présidentielle ? Et surtout, que dites-vous aux maires de France, laissés seuls face aux mariages frauduleux parce que votre gouvernement a préféré la tambouille politicienne à l'intérêt des Français ?
Comment osez-vous prétendre défendre ces maires alors que le ministre de l'intérieur Bruno Retailleau a laissé ses propres troupes du groupe DR boycotter purement et simplement le débat et le vote de ce texte ?