Sébastien Lecornu, ministre des armées . Merci pour votre question, qui nous permet de reprendre les débats que nous avions eus pendant la loi de programmation militaire. Premièrement, nous ne concevons pas notre défense sur la base d'injonctions extérieures mais toujours en partant de la menace. Les cibles établies lors des sommets de l'Otan, comme l'objectif d'une augmentation des dépenses de défense à 2 % du PIB lors du sommet précédent, au pays de Galles, ou celui qui s'est tenu récemment à La Haye, doivent être des indications pour nous, la République française, qui consentons un effort croissant – j'y reviendrai.
Ensuite, la manière dont l'agrégat est calculé est sujette à débat, vous le savez. Ainsi, les pensions et surtout la dissuasion nucléaire sont incluses dans les 2 % annoncés. Or il est évident qu'un pays doté de l'arme nucléaire est mieux défendu, en tout cas pour ses intérêts vitaux, qu'un pays qui ne l'est pas. Il faut donc examiner attentivement la manière dont est calculé l'agrégat, sachant que certains pays commencent à y intégrer des dépenses de sécurité civile militaire, celles de la gendarmerie, au titre de la défense opérationnelle des territoires – c'est une piste que nous devrons étudier.
Enfin, je suis en grande partie d'accord avec votre question sur ces sujets, mais vous avez tort d'opposer le modèle social au modèle de défense.