Nicolas Sansu En guise de solution, vous annoncez une année blanche budgétaire – une année sans augmentation des dépenses. L'année blanche fait abstraction de la hausse naturelle des dépenses et de l'inflation : il y aura moins de professeurs et moins de moyens pour la santé, l'éducation et les collectivités. Qui seront les seuls à être épargnés par cette cure d'austérité ? Les marchands d'armes et nos créanciers – les voilà, vos services publics essentiels !
Pour être à la hauteur de la promesse républicaine d'égalité, le prochain budget devra s'attacher à rendre du pouvoir d'achat aux ménages, à favoriser l'investissement productif et la décarbonation, à redonner du souffle à nos services publics, en Hexagone comme en outre-mer.
Il existe des solutions pour juguler le déficit sans toucher aux services publics. Quelle part des 211 milliards d'euros d'aides aux entreprises peut être supprimée ou réorientée pour favoriser nos PME, nos artisans et nos commerçants, et non les multinationales ?
Taxerez-vous enfin les ultrariches pour rétablir la justice fiscale ? Quelles niches fiscales revisiterez-vous ? Le pacte Dutreil, le crédit d'impôt recherche ou le régime mère-fille sont autant de dispositifs qui ont permis aux très grandes entreprises d'éviter l'impôt.
La République agonise de ces inégalités qui s'accroissent, de ces services publics qui s'éloignent et de cette mainmise de l'argent qui corrompt toutes les sphères de la société. Prenez la mesure du cri du peuple !