Jean-Philippe Nilor Au nom du groupe La France insoumise, je tiens à réitérer nos condoléances les plus sincères à la famille et aux proches de notre collègue Olivier Marleix.
Madame la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, en Martinique, les récentes annonces de suppressions de postes au sein de l'éducation nationale suscitent un vif émoi chez les enseignants, les élèves et les familles. Ces réductions de moyens interviennent dans un contexte déjà tendu, les inégalités sociales et territoriales pesant lourdement sur le système éducatif. En dix ans, plus de 1 500 postes ont été supprimés, auxquels s'ajoutent les 119 suppressions de postes prévues pour l'année en cours.
Moins de postes, ce sont des classes surchargées, mais aussi moins d'accompagnement pour les élèves en difficulté, moins de prévention du décrochage scolaire. Or nous savons tous qu'un jeune qui décroche, c'est un jeune qui trop souvent glisse vers l'errance, la déviance, la délinquance et la violence. Dans certains quartiers, l'école s'érige comme le dernier rempart contre ces dérives. En affaiblissant ce rempart, c'est l'essence même du métier d'enseignant que l'on désacralise ; ce sont les fondements mêmes du vivre-ensemble que l'on déstabilise.
Comment peut-on pérorer sur la lutte contre l'insécurité si, dans les faits, on sacrifie en toute conscience – en toute inconscience, devrais-je dire – les moyens de l'éducation publique, première arme contre l'exclusion ? Lorsque les écoles se vident, ce sont à terme les prisons, les unités de soins psychiatriques et les cimetières qui se remplissent.
Dans ces conditions, comment pouvez-vous décemment justifier vos choix budgétaires mortifères au seul prétexte du déclin démographique ? Quand abandonnerez-vous votre logique de quotas, votre doctrine purement comptable, qui s'exerce au détriment de l'être humain, et quelles mesures concrètes entendez-vous prendre pour arrêter cette hémorragie…