Didier Le Gac Le 7 janvier dernier, il y a un mois à peine, je me suis rendu avec le colonel Caniotti, commandant du groupement de gendarmerie du Finistère, à la gendarmerie du Conquet, commune de ma circonscription située à l'extrême ouest du département, pour constater avec lui l'état de délabrement de cette gendarmerie. Celle-ci avait été fermée le 13 décembre, sachant que ses occupants, les gendarmes et leurs familles, n'avaient plus ni chauffage ni eau chaude depuis le 4 décembre ! Le maire du Conquet avait alerté la population en ces termes : « En raison des conditions de vie et d'accueil du public déplorables, la brigade du Conquet est fermée jusqu'à nouvel ordre. » Les six militaires affectés à la brigade avaient été redéployés et relogés avec leurs familles à la brigade de Plouzané, non loin de là.
Cette fermeture contrainte illustre le manque d'entretien et l'état de dégradation des gendarmeries non seulement dans ma circonscription, mais, hélas, sur l'ensemble du territoire national. Pour les gendarmes, je tiens à le rappeler ici, loger à la gendarmerie est non pas un choix, mais une obligation. À la différence de l'immense majorité des agents publics, ils sont soumis à une obligation de logement en caserne ; 80 % d'entre eux y logent en famille.
Par conséquent, les problèmes soulevés par la dégradation des bâtiments occupés par la gendarmerie dépassent largement le cadre habituel des discussions sur les conditions de travail des agents publics. C'est avant tout une question de dignité. Une gendarmerie vétuste, cela signifie des conditions de travail dégradées pour les gendarmes, des conditions de vie dégradées pour leurs familles, des conditions d'accueil elles aussi dégradées pour le public, notamment pour les victimes.
Dans un rapport relativement récent, notre collègue sénateur Bruno Belin a dressé un état des lieux alarmant de la dégradation des biens immobiliers de la gendarmerie sur l'ensemble du territoire, tant pour les bâtiments dont elle est encore propriétaire que pour ceux dont elle est locataire – la location concerne plus de 3 000 des 3 728 casernes de France.
Dans le Finistère, les casernes sont liées depuis 2007 par un bail emphytéotique à un fonds d'investissement qui devait en assurer la gestion jusqu'en 2042. Il s'avère que cette gestion est calamiteuse et qu'il revient désormais au conseil départemental de combler les déficits occasionnés par l'organisme en question.
Il n'est plus possible que nos gendarmes et leurs familles continuent à travailler et à vivre dans des locaux dégradés, où il fait parfois 10 degrés en plein hiver. Il n'est plus possible non plus que le conseil départemental supporte seul, à terme, les frais de plus en plus lourds des travaux de rénovation. Que compte faire le gouvernement pour que les travaux de rénovation de la gendarmerie du Conquet, en particulier ceux qui ont trait à l'isolation, soient réalisés dans les meilleurs délais ? Il faut éviter que, l'hiver prochain, cette gendarmerie soit de nouveau contrainte de fermer ses portes.