Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du travail et de l'emploi . Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour saluer les écoliers présents dans les tribunes du public en compagnie de leurs professeurs.
Vous l'avez dit, monsieur le député, notre pays connaît une baisse démographique inédite qui touche aussi l'école. À la rentrée 2025, nous compterons 80 000 élèves de moins dans le premier degré, chiffre qui atteindra 300 000 élèves sur trois ans.
Or, plutôt que de subir cette évolution, nous en faisons une opportunité en améliorant durablement les conditions d'apprentissage des élèves ainsi que les conditions d'enseignement pour les professionnels de l'éducation. Et les résultats sont là. Je tiens à rappeler les chiffres, même s'ils couvrent l'ensemble de la nation et ne répondent donc pas précisément à votre question sur l'école rurale. En 2017, une classe de primaire comptait 23,2 élèves, moyenne passée en 2024 à 21,3 élèves par classe et qui ne dépassera pas la barre des 21 élèves par classe en 2025.
Dans les écoles rurales, cette dynamique est encore plus marquée puisqu'on compte moins de 20 élèves par classe en moyenne. C'est un tournant historique qui signifie plus d'attention pour chaque élève, plus de sérénité en classe et donc une meilleure réussite. Et cette avancée, nous l'avons choisie.
Contrairement aux annonces, nous avons décidé de ne pas supprimer les 4 000 postes qui devaient initialement l'être. Nous avons préféré protéger les moyens de l'école partout sur le territoire.
En ce qui concerne la carte scolaire, Mme Borne a une conviction : elle ne peut plus être définie depuis Paris sans tenir compte des réalités locales. C'est tout le sens de la création, alors qu'elle était première ministre, des observatoires des dynamiques rurales. Ils permettent d'anticiper, en concertation avec les acteurs, donc de ne pas être mis devant le fait accompli quelques semaines seulement avant une fermeture.
Dans la ruralité, j'ajoute que nous avons aussi renforcé nombre de dispositifs qui font leurs preuves comme les internats d'excellence-ruralité, avec 30 000 places déployées – c'est insuffisant mais nous progressons –, et le réseau des territoires éducatifs ruraux.
Soyez assuré, monsieur le député, que la ruralité ne sera jamais le parent pauvre de l'éducation nationale.