Jean-Pierre Bataille La sécurité de nos concitoyens est un enjeu majeur, et je sais combien le gouvernement y est attentif. Néanmoins, en Flandre intérieure, dans ma circonscription, la quinzième du Nord, située entre Lille et Dunkerque, les évolutions intervenues récemment dans l'organisation des forces de l'ordre ont suscité, sur le terrain, des interrogations légitimes.
Deux dossiers méritent une attention particulière : à Bailleul, ville de 15 000 habitants, les moyens ont été fortement réduits à la suite de la mutualisation du commissariat, en 2016, avec celui d'Armentières ; à Renescure, l'installation de la brigade de gendarmerie se fait toujours attendre, malgré les investissements engagés.
La ville de Bailleul, très attachée à la police nationale, a vu son commissariat perdre une grande partie de ses effectifs et de ses capacités d'action : on y compte seulement quatre enquêteurs, contre cinquante-cinq auparavant ; un bureau ouvert aux horaires administratifs a remplacé une présence vingt-quatre heures sur vingt-quatre ; il n'y a plus que deux véhicules, pour couvrir 89 kilomètres carrés. Résultat : les délais d'intervention s'allongent considérablement. Quant aux unités spécialisées, notamment la section anticriminalité et les unités dédiées à la lutte contre les stupéfiants, elles rencontrent de réelles difficultés pour assurer pleinement leurs missions.
Face à cette situation, quelles solutions le ministère de l'intérieur envisage-t-il pour renforcer la présence policière à Bailleul et garantir des moyens adaptés aux besoins du territoire ?
Par ailleurs, la Cour des comptes préconise le passage en zone gendarmerie de plusieurs circonscriptions rurales et périurbaines. Quelle est la position du gouvernement sur cette recommandation ? Si cette orientation était retenue, elle impliquerait des investissements importants, difficiles à assumer pour la commune, et aurait probablement un impact sur la ville voisine, Hazebrouck, chef-lieu de la circonscription.
L'installation à Renescure d'une brigade de gendarmerie provisoire a été annoncée à la fin de l'année 2023 par M. Darmanin, prédécesseur du ministre en exercice. L'effectif prévu était de dix gendarmes et, dès mars 2024, une permanence devait être assurée deux à trois matinées par semaine. Or la brigade n'est toujours pas opérationnelle. Pourtant, la commune a investi des sommes significatives et mis à la disposition de la gendarmerie un local mis aux normes et équipé. La gendarmerie paie d'ailleurs un loyer pour un espace inoccupé !
Le ministère de l'intérieur peut-il préciser où en est ce projet ? Quand la brigade pourra-t-elle effectivement être mise en service ? Qu'en est-il de la brigade permanente qui devait suivre ? Ce deuxième projet semble à l'arrêt, malgré les démarches déjà entreprises par la commune et ses partenaires.
Lors de l'audience solennelle de rentrée du tribunal judiciaire de Dunkerque, il y a quelques jours, Mme la procureure de la République a qualifié 2024 d'année du dépassement, compte tenu de l'important accroissement du nombre de faits criminels. Dans les territoires ruraux, la sécurité est un besoin impératif.