Roger Chudeau Ma question porte sur la publication prochaine du programme relatif à l'éducation, à la vie affective relationnelle et sexuelle.
Madame Genetet, brièvement ministre de l'éducation nationale, déclarait à Mme Borne, lors de la passation de pouvoir : « L'école est malade. » Chacun sait en effet dans quel état préoccupant se trouve notre système éducatif. Le niveau moyen de nos élèves est médiocre : 50 % des élèves entrant en sixième ne maîtrisent pas la lecture fluide ; 25 % des jeunes de 17 ans éprouvent des difficultés de lecture aux journées défense et citoyenneté ; le niveau de culture générale de nos lycéens s'effondre ; 50 % des bacheliers échouent en première année d'études supérieures ; les diplômes sont dévalorisés ; l'autorité des maîtres est quotidiennement contestée, y compris par des élèves et des parents sous emprise islamiste ; la fonction enseignante connaît une grave désaffection – les concours de recrutement du premier degré et du Capes, le certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement du second degré, ne permettent plus le recrutement, ni quantitatif ni qualitatif, indispensable au renouvellement du corps enseignant.
Pourtant, dans un tel contexte, le ministère de l'éducation nationale estime que la priorité revient à la publication du programme d'éducation à la vie affective et sexuelle, applicable de la maternelle à la terminale. Quelles sont donc exactement ses priorités pour redresser notre système éducatif ?
Il est certes utile et même nécessaire de dispenser aux élèves à partir du CM2 ou du collège une information préventive visant à les prémunir des risques, voire des dangers, que comporte la vie sexuelle – maladies sexuellement transmissibles, viols, mutilations, pornographie notamment. Mais je conteste qu'il soit de la responsabilité de l'État d'assurer l'éducation sexuelle des enfants. Celle-ci relève, selon nous, de la sphère privée, intime, de la fonction éducative de la famille.
De plus, cette « éducation » serait dispensée, comme aujourd'hui, par des associations qui n'ont ni la compétence scientifique, ni le savoir-faire pédagogique, ni la légitimité institutionnelle requis pour assurer cette délicate mission de service public.
Nous estimons qu'une information de cette nature ne peut être assurée que par des professionnels des ministères de l'éducation ou de la santé – médecins, infirmières, psychologues –, par des professeurs, ou par des conseillers principaux d'éducation dûment formés et qualifiés à cette fin.
Nous considérons également qu'une information de cette nature ne peut être diffusée auprès d'enfants trop jeunes pour la recevoir utilement.
Nous vous demandons donc de rectifier dans ce sens le programme élaboré par le Conseil supérieur des programmes, et de modifier en ce sens l'article L. 312-16 du code de l'éducation.