François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur . La question que vous posez est désormais fondamentale pour notre société et pour nos compatriotes. Tout le monde a pris conscience de l'ampleur du narcotrafic et de ses conséquences ; à l'exception de ceux qui font preuve de mauvaise foi, il y a maintenant une forme de consensus pour considérer qu'il s'agit d'un fléau dont l'enjeu est national, à tel point que sur le fondement du rapport très complet rédigé par les sénateurs Étienne Blanc et Jérôme Durain, une proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic a été déposée au Sénat, qui l'a examinée la semaine dernière et la votera cet après-midi.
Elle permettra de donner à nos services de police des moyens techniques d'enquête de très haut niveau – de nature comparable à ceux employés pour lutter contre le terrorisme. Elle contient, outre la création d'un nouveau parquet national, d'autres mesures importantes dont il est peu question, comme la réforme du statut des repentis, dont l'utilité peut être considérable.
Cette réponse générale, qui montre à quel point le gouvernement est mobilisé pour lutter contre le fléau du narcotrafic, doit être complétée par un point sur la situation de votre territoire. Vous avez rappelé que les communes de votre département sont la cible de ces trafics, mais il faut préciser que plus de 220 policiers œuvrent en filière judiciaire dans le Vaucluse ; au-delà, la direction interdépartementale de la police nationale du Vaucluse s'appuie sur plus de 700 policiers, contre 598 – à périmètre égal – fin 2016.
En 2024, nos forces ont mené dans le Vaucluse 794 opérations visant au démantèlement de points de deal. Le résultat est net : leur nombre a baissé de près de moitié, de 43 % dans tout le département et de 80 % à Orange, où il n'en reste plus qu'un, contre cinq auparavant. Quelque 400 kilos de drogues ont été saisis dans le département et les efforts se poursuivent.
Il ne faut rien lâcher, évidemment. Un chiffre est parfois évoqué : une augmentation de 575 %, qui correspond au nombre d'individus mis en cause à Orange pour trafic de stupéfiants, soit 16 en 2017 et 108 en 2023. Il faut souligner que les données en matière d'infractions à la législation sur les stupéfiants témoignent avant tout d'un travail d'initiative, et donc en réalité de l'engagement accru, positif et puissant, de la police nationale.
Cela dit, il ne faut pas s'arrêter là. Il est parfaitement légitime d'aller encore plus loin en mobilisant les services concernés mais aussi en prenant en compte les consommateurs : l'ensemble de la population doit prendre conscience de l'existence de ce fléau mais aussi se rendre compte que le simple fait de consommer constitue en soi une forme « d'appel d'air » pour ce marché des stupéfiants, qui est un marché mondial n'épargnant aucun de nos territoires. Gageons que les moyens juridiques qui seront mis à disposition de nos services de police pour les enquêtes, renforcés par les effectifs et le travail du quotidien, nous permettront de mener une lutte sans merci contre ce phénomène, singulièrement dans votre département.