Thierry Tesson En tant que député du Nord, du Douaisis plus précisément, je souhaite appeler l'attention du gouvernement sur la récente suppression de deux dessertes TGV entre Paris et Douai, semble-t-il à la suite d'un accident de motrice survenu en Belgique. Je dis « semble-t-il », car cette motrice paraît avoir le don d'ubiquité : son dysfonctionnement expliquerait également la disparition de dessertes directes entre Lens et Béthune, pourtant situées sur d'autres lignes.
Cette décision s'ajoute à toutes les fermetures similaires que nous avons connues depuis une décennie – en direction de Paris d'abord, mais aussi du grand Est et du grand Ouest ; elles ont divisé par deux le nombre de TGV desservant la gare de Douai, aujourd'hui réduit à une petite dizaine. En dépit de l'action des élus locaux et des usagers, il est à déplorer qu'aucune réponse n'ait été fournie par la SNCF, et on ne peut même pas dire que cette situation ait suscité de sa part un réel intérêt. Doit-on envisager, à terme, la suppression de toutes les dessertes directes ?
La contradiction entre vos déclarations et celles de vos prédécesseurs est patente : on affirme vouloir dynamiser et revitaliser les Hauts-de-France, mais, sur fond de recul généralisé des services à la population, la suppression régulière des dessertes de TGV prouve le désintérêt des pouvoirs publics pour notre territoire.
On a du mal, en outre, à comprendre la logique gouvernementale sur ce dossier : pour répondre aux impératifs écologiques, la population est soumise à une obligation toujours plus ferme de recourir aux transports collectifs – la création de zones à faibles émissions instaure ainsi une véritable interdiction de circuler dans un véhicule individuel pour les plus modestes de nos concitoyens. La fréquentation ferroviaire connaît d'ailleurs une hausse continuelle : celle de la gare de Douai, la deuxième de la région par son importance, est passée de 2,9 millions de voyageurs en 2015 à 3,3 millions en 2023. Comment justifier la suppression progressive de l'offre ferroviaire du Douaisis malgré une telle affluence ?
Concernant les deux dessertes récemment supprimées, la SNCF évoque un retour à la normale pour l'été 2025, mais, aucune des suppressions précédentes n'ayant jamais été remises en cause, notre méfiance reste totale. L'argumentaire de la société nationale est connu : il faut des habitants pour obtenir des trains. Sur ce point, le serpent se mord la queue : sans train, il est impossible d'attirer de nouveaux habitants. Rappelons que le maintien des dessertes ferroviaires est vital pour Douai, ville de 40 000 habitants au centre d'une agglomération de plus de 200 000 personnes. Outre qu'elle affaiblit les connexions avec le reste du pays, la réduction de l'offre de TGV fait peser une menace supplémentaire sur l'attractivité économique d'un territoire déjà fort malmené.
En conclusion, nous attendons des engagements fermes concernant la remise en service des dessertes directes supprimées ; nous demandons une communication plus sincère sur les motivations des décisions de suppression ; nous réclamons surtout des engagements en faveur du développement du transport ferroviaire dans les Hauts-de-France. Madame la ministre, quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour répondre à ces impératifs ? Pouvez-vous garantir qu'à l'avenir, aucun nouveau recul ne fragilisera les dessertes ferroviaires du Douaisis ?