Marietta Karamanli Ma question s'adresse à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, et porte sur la situation des familles en recherche de solution de garde d'enfants.
À la fin de l'année 2022, on estimait que 20 % des parents d'enfants de moins de 3 ans n'avaient pas trouvé de solution de garde – prise en charge par une assistante maternelle agréée par la protection maternelle et infantile et salariée des parents, accueil en crèche ou en microcrèche, généralement exploitée par une entreprise du secteur marchand, préscolarisation en école maternelle ou garde par un salarié à domicile. Ce chiffre recouvre évidemment des situations très différentes et les parents adoptent bien souvent une solution faute de choix ou de moyens. Cela est vrai en milieu urbain, mais aussi en milieu rural où le manque de structures contraint les femmes – c'est encore la norme – à ne pas travailler.
La Cour des comptes, dans un rapport récent, relève des inégalités sociales et territoriales : les crèches les moins coûteuses pour les familles sont moins nombreuses dans les communes dont le potentiel financier par habitant est plus faible. Je note également que l'absence de solution affecte le taux d'emploi des femmes et qu'elle est l'une des variables, peu visible mais bien réelle, du ratio entre cotisants et retraités.
Depuis le début de l'année 2025, les communes sont les autorités organisatrices de l'accueil du jeune enfant. À ce titre, elles doivent structurer un service public de la petite enfance, destiné à favoriser, entre autres, la correspondance entre l'offre de garde et les besoins des familles. Du fait de la création de cette compétence nouvelle, l'État a annoncé une revalorisation des aides à l'investissement et au fonctionnement, mais l'enveloppe à partager pourrait être réduite et les intercommunalités ne comportant aucune commune de plus de 3 500 habitants pourraient ne pas en bénéficier.
Au moment où la natalité accuse une baisse sensible dans notre pays, je souhaite connaître les engagements que le gouvernement entend prendre pour répondre aux besoins des familles, notamment jeunes. Une grande politique de l'enfance, transversale et conçue à partir de bilans territoriaux établis dans chaque département ne devrait-elle pas être appliquée ? L'État devrait également investir pour renforcer l'attrait des métiers : les assistantes maternelles offrent actuellement 50 % des places d'accueil et 50 % d'entre elles partiront en retraite d'ici cinq ans. Enfin, la mutualisation des moyens, qui doivent être programmés et effectifs, devrait être décidée.
Je tenais à relayer les préoccupations de nos concitoyens : espérons que votre réponse sera aussi précise que possible !