Hanane Mansouri Depuis le début de mon mandat, plusieurs familles de ma circonscription, en grande détresse, m'ont alertée sur l'impossibilité d'accéder à des structures de soins adaptées pour leurs enfants en situation de handicap. Pour illustrer leur situation dramatique, j'évoquerai le cas de Nicolas, un garçon de 16 ans dont la mère m'a contactée après avoir épuisé toutes les voies de recours possible. Nicolas souffre de troubles autistiques sévères et reste actuellement à son domicile, pris en charge par sa mère, qui a dû abandonner son activité professionnelle pour se consacrer pleinement à lui. Cette situation a plongé la famille dans la précarité financière et gravement affecté le bien-être de Nicolas, qui en aurait pourtant cruellement besoin. Malgré les traitements, Nicolas peut parfois devenir agressif et mettre son entourage ou lui-même en danger. L'accès insuffisant aux soins engendre une souffrance considérable, tant pour l'enfant que pour ses parents, qui se sentent abandonnés par un système à bout de souffle.
Cette situation concerne de nombreux parents français qui sacrifient tout, y compris leur travail ou leur sécurité physique, pour pallier les défaillances d'un système de soins déjà trop sollicité. Les listes d'attente pour les instituts médico-éducatifs et les services d'éducation spéciale et de soins à domicile ne cessent de s'allonger, au point que plusieurs années peuvent s'écouler avant l'accès à une place dans ces institutions. De plus, les demandes déposées alors que les enfants sont encore mineurs ne trouvent une réponse qu'à leur majorité, ce qui rend les recours des familles caducs.
Selon les parents d'enfants handicapés, qui connaissent cette réalité mieux qui quiconque, ces structures manquent cruellement de moyens humains, matériels et financiers. Cette situation conduit les établissements à concentrer leurs efforts sur les enfants porteurs de handicaps lourds, souvent au détriment de ceux présentant des troubles considérés comme plus légers. Elle accroît la vulnérabilité des enfants, qui peuvent être exposés à la délinquance ou développer des comportements autodestructeurs.
Madame la ministre, comment comptez-vous inverser la tendance et enrayer le déclin de ces structures ? Quelles mesures comptez-vous mettre en place pour garantir à ces enfants l'accès à des soins adaptés ?