Louise Morel Le 11 décembre 2018, l'attentat du marché de Noël de Strasbourg endeuillait notre pays. Ce soir-là, les forces de sécurité civiles et militaires se sont illustrées par leur courage, leur professionnalisme et leur dévouement dans des conditions d'une extrême gravité.
Je souhaite vous interpeller sur la situation des sapeurs-pompiers engagés cette nuit-là. Six ans après ces événements tragiques, un profond sentiment d'injustice subsiste chez certains des sapeurs-pompiers qui ont répondu à l'appel du devoir. Sur les soixante-quinze qui furent mobilisés, quarante-cinq ont reçu légitimement la médaille de la sécurité intérieure avec agrafe « Attentat de Strasbourg » en reconnaissance de leur engagement ; mais trente de leurs collègues, tout aussi impliqués dans les opérations de secours, n'ont pas bénéficié de cette distinction.
Suite à plusieurs interpellations par mes prédécesseurs et par moi-même, le ministre de l'intérieur d'alors avait indiqué en 2020, puis en 2023, avoir chargé les services compétents d'examiner ce dossier pour la prochaine promotion de la médaille de la sécurité intérieure, suscitant l'espoir que la situation soit régularisée. En l'absence d'avancée concrète, je me suis permis de vous interpeller de nouveau sur ce dossier fin 2024. Par courrier en date du 8 janvier dernier, vous m'avez finalement répondu que des arbitrages avaient été effectués à l'époque et « qu'une promotion exceptionnelle de la médaille de la sécurité intérieure, créée à l'occasion d'un événement ponctuel, [n'avait] pas vocation à récompenser l'ensemble des acteurs et intervenants ». Je le regrette d'autant plus que d'autres services, les services de police, par exemple, qui ont adressé une demande similaire, ont vu leur situation régularisée immédiatement. En outre, certaines médailles ont été attribuées à des personnes qui n'étaient pas sur le terrain, quand des acteurs directs n'ont pas été récompensés. Ce manque de reconnaissance – symbolique, bien sûr – nourrit un sentiment profond d'injustice. Monsieur le ministre, je vous le redemande donc : pouvez-vous nous préciser les mesures que vous envisagez pour corriger cette situation et rendre justice à ces trente professionnels qui, ce soir-là, ont tout donné – tout – pour protéger nos concitoyens ?